Les Maitres du Rêve, documentaires sur la joaillerie

J’en ai parlé sur Twitter, j’ai vu par hasard aujourd’hui sur TV5 un documentaire sur les joailliers qui montrait, en autre les bijoux de Verdura, avec une interview de Ward Landrigan, l’actuel propriétaire de la marque, très intéressante.

J’y ai appris quelques détails que j’ignorais… Mais surtout, j’ai cherché à en savoir plus, et j’ai découvert, avec bonheur, qu’il s’agit en réalité d’un documentaire en quatre parties, qui fait un peu le tour de la planète joaillerie, avec la France, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre, l’Afrique du Sud et les Amériques … ne manque que l’Asie, pourtant si créative, avec des maîtres comme Wallace Chan, Wendy Yue ou Dickson Yewn et qui n’est montrée qu’à travers les ateliers de John Hardy.

Les documentaires peuvent être achetés à bas prix sur Vodeo.tv, un site merveilleux pour s’offrir des reportages à télécharger. Vous pouvez aussi, pour l’instant, les voir en replay sur le site de Tv5 Monde

Les Maîtres du Rêve : épisode 1, les italiens

Les trois joailliers sélectionnés sont Damiani, Bulgari et Buccellati. En écrivant cela, je m’aperçois que je vous parle assez peu des créateurs italiens, c’est un oubli qu’il faut rattraper !

Deux boucles d'oreilles de Bucellati

Savez-vous que c’est en Italie qu’on trouve le plus ancien atelier de joaillerie encore en exercice ? La Maison Torrini remonte à l’époque de la Renaissance ! Comme elle, les trois bijouteries que l’on voit dans le reportage sont des affaires familiales, mais nettement plus récentes, fondées entre la toute fin du XIX° et les Années Folles.

Bucellati et Bulgari sont tous les deux membres du Comité Vendôme, et leurs créations à tous les trois ont des styles très différents. Il est particulièrement intéressant de voir le processus de création d’une collection, comme les Burlesques de Damiani.

Les Maîtres du Rêve : épisode 2, les français et les suisses

Chaumet, Boucheron et Chopard, trois maisons historiques ayant pignon sur place Vendôme, membres, comme Bulgari et Bucellati, du Comité Vendôme. L’un d’entre eux a « inventé » la place Vendôme, savez-vous lequel ?

Les Maîtres du Rêve : épisode 3, les anglais et les sud-africains

A voir sur TV5 Monde replay ici (jusqu’au 8 janvier, dépêchez-vous !)

Dans cet épisode on s’intéresse non seulement aux joailliers mais au plus grand producteur de diamant, De Beers et ses mines sud-africaines d’où sont sorties, entre autres, le Cullinan.

De Beers est entré de plein pied dans la joaillerie, en proposant ses propres collections. J’en parle peu parce que je ne suis pas très sensible à leur style.

Force, Amour, Loyauté, Honneur et COurage de DeBeers

Laurence Graff est aussi, à mon avis, plus diamantaire que joaillier : ce que je veux dire par là, c’est que sa spécialité est d’abord d’acheter des pierres superbes, tellement belles et « grosses » qu’une monture très simple est la seule chose qui conviennent. Néanmoins, il fait aussi des pièces extraordinaires, comme cette broche « Paon », composée uniquement de diamants de plusieurs couleurs.

Broche Peackock de Graff

Si ses colliers sont plus élaborés, il n’y a pas dans ses bijoux la créativité d’un Verdura, par exemple, ou les montures complexes d’un Boucheron ou d’un Van Cleef. La monture est là uniquement pour mettre la pierre en valeur, alors que je préfère les bijoux qui utilisent les pierres comme éléments d’une création…. comme le fait Stephen Webster, le troisième joaillier du documentaire.

Précieux bracelet papillons de S. Webster

Les Maitres du Rêve : épisode 4, les Amériques

A voir sur TV5 Monde replay ici (aussi jusqu’au 8 janvier seulement).

C’est sans doute l’épisode qui nous fait le plus voyager, car, paradoxalement, le Brésil nous fait assister à la création d’un superbe collier serpent naja tout à fait asiatique. Fulco Di Verdura aurait pu être mentionné dans le premier épisode, bien qu’il ait fait la plus grande partie de sa carrière aux Etats-Unisil est, à mon avis, fondamentalement italien dans son goût et son élégance (et c’est ce qui a fait son succès auprès des millionnaires américains).

Manchette de Coco Chanel

J’ai tout particulièrement apprécié le moment où Ward Landrigan montre les toutes premières manchettes réalisées par Fulco pour Coco Chanel. Alors qu’il vient d’expliquer comment sont faites actuellement les manchettes, en or recouvert d’émail, il ouvre les bracelets et l’on voit que l’intérieur est en métal gris, l’extérieur est fait d’une résine qui a été légèrement abîmée avec le temps… normal car Coco Chanel les portait quasiment tous les jours ! On voit bien sur cette photo les petites rayures sur la résine… et la grosseur des cabochons !

Bracelet chaine

Boucle d'oreille or Niemeyer

Voilà trois joailliers innovants indépendants des codes de leur temps. Verdura a inventé le bijou fantaisie de luxe, Guy Bedarida explique que Van Cleef ne voulait pas de motifs de serpent, « trop éloignés de ce que notre clientèle attend » et Roberto Stern tire son inspiration de tous les domaines artistiques, comme ces boucles d’oreilles inspirées par l’architecte Niemeyer, un autre brésilien.

Outre les « moments Verdura », ma séquence préférée est celle où Guy Bedarida montre comment sont travaillées les chaines John Hardy, assouplies à la main une fois terminées. Quand il prend une poignée de chaines et les secoue on croirait vraiment voir des serpents !

Si vous ne pouvez pas profiter du replay sur TV5, vous pouvez vous faire plaisir en vous offrant les DVD, en coffret, sur Amazon :

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